European Tour Report

2003 September 03 - 19

1/3

Raph le gentil : Voix, Basse / Pascal Pachuco : Guitare / Steph : Guitare, chant / Mathieu : Batterie / Marc : Conducteur, Soundman / Raph le Gore : Super-roadie

Mercredi 03/09 Nancy (Terminal Export) + HOLY CURSE + RADIO BIRDMAN

Pascal : Départ à 7h du matin . Ouch ! Ça fait mal, 7h c'est une bonne heure pour se coucher, jamais pour se lever. D'ailleurs, le trajet se fait plutôt long, même si l'excitation est au rendez-vous. Ce soir, on ouvre pour RADIO BIRDMAN au terminal export de Nancy.

La salle est bien, même si le sonorisateur est un connard de première. " Soit vous dites bonjour, soit vous balancez " ont été ses premières paroles alors qu'on saluait des amis venus de Marseille. Bon il n'a pas un t-shirt RAGE AGAINST THE MACHINE, c'est déjà ça. On s'installe, on bouffe, on joue. Apres le concert, on fait les cons dans les loges avec Emie, qui photographie les BIRDMAN pour X ROCK. En pleine pose rentre leur tour manager, qui nous parle comme à des gosses. : " don't smoke here … this is not your vodka…etc ". Putain de tour managers. On finit les photos évidemment, on redescend voir pas mal de potes qui sont là, et on va se pieuter chez Bob Morlock dans un confort trop bourgeois à son goût.

Et le concert des BIRDMAN au fait : 400 personnes, bien , j'aime les disques, mais c'était un peu propre et sans grande folie. HOLY CURSE ont fait un bon concert, très carré. Il devait y avoir de la culotte mouillée dans les loges.

Jeudi 04/09 Bruxelles (DNA)

Pascal : Jolie ville à l'air accueillant, bières fantastiques (quelle honte les françaises) et l'ADN, un bistrot relax en plein centre. Pendant tout le concert un punk croit qu'on est de Montpellier et gueule : " SHERIFF ! SHERIFF ! ". Bon…

Il doit y avoir une quarantaine de personnes et l'ambiance est très bonne. Raf le gentil branche sa première nana, une brune pas mal, qui lui dit au bout d'une demi-heure : " tiens, au fait, je te présente mon mari qui est guitariste de NO ONE IS INNOCENT " ah ah quelle loose !

Ce soir là, j'ai dormi dans un des endroits les plus délirants de ma vie. Un putain d'hôtel 4 étoiles dans le quartier chicos, squatté par une bande de punks. Ils se sont octroyés chacun une suite, et laissent un étage entier pour les fêtes, et un autre pour les invités. L'endroit est gigantesque, sur onze étages ; on a droit à une visite guidée à la lampe torche, des soubassements jusqu'à la terrasse cocktail, drôle de mélange de destroy et de luxe extrème qui pour une fois sert les bonnes personnes. Je n'ose même pas imaginer la réaction des flics si on venait à squatter ce genre d'endroit en France.

Vendredi 05/09 Rotterdam (Nighttown) + UP TO NO GOODS + WISEGUY

Pascal : Nighttown, grande salle en plein centre ville, bon concert, du monde. Ceci-dit , la Hollande est le parfait exemple de l'inéquation cannabis/R'n'R. Tout est totalement amorphe, même pour les groupes locaux. Forcement, avec une telle drogue de hippies pourris. Que fait la police du R'n'R bordel !
Stéphane : Quartier chaud et ambiance électrique autour de la salle. Tous les punks ont des casquettes, ce que je trouve très laid. Avant le concert, je feuillète un gros magazine musical gratuit, et je tombe sur une photo pleine page des Apers, très bon groupe hollandais à la Ramones, avec écrit au bas : " Les Apers sont particulièrement fiers de porter des Converse ". Oups… Une autre définition de l'underground…

Samedi 06/09 Groeningen (Vera club) + UP TO NO GOODS

Pascal : Groeningen est une saine bourgade du nord de la Hollande, peuplée de placides étudiants la journée, qui le soir venu, se transforment en vampires gothiques assoiffés de sang et de bière. Ça tombe bien, ce soir on joue dans une crypte, ou plutôt le minuscule bar d'un club gigantesque où, si j'en juge par les posters sur les murs, n'importe quel groupe auquel vous pouvez pensez a déjà joué.

Alors qu'on dîne dehors, je vois lentement s'animer les rues de la ville d'une faune très jeune et très grande (dans les concerts en Hollande je me suis toujours senti petit et vieux, ce qui n'est pas spécialement l'idée que je me fais de moi ). Le concert est bien, Raf le gentil commence à se lâcher en anglais entre les morceau, ce qui donne à peu près " zis is the last track of the dogs of nineteen " alors qu'il veut dire "voilà notre dernier morceau, nineteen des dogs ". La soirée se termine en disco plus tournée des bar jusqu'au petit matin. On dort chez un mec des HOT POCKETS à 12 dans vingt mêtres carrés. A mon avis, Steph va parler de Bochum avec le mot gueule de bois en leitmotiv.
Stéphane : Danny, le gars qui nous a trouvé les deux dates aux Pays-Bas a 14 ans !! Il tient la batterie dans les Up To No Goods, et son jeu ressemble à s'y méprendre à celui du batteur des Muppets Show, spectaculaire ! Assurément, il est promis à un bel avenir. Bon, il a les préoccupations de son âge. Pendant deux jours, il n'a pas arrêté de me dire : " ya knoow, I like a girl, but she has a boyfriend. And he is taller than me. I want to kiss her. What can I do ?" Heu…

Dimanche 07/09 Bochum + SHAKING NASTYS + DEAN DIRG

Pascal : Entrée en Allemagne, Ach ! Ici, il y a du punk partout, et généralement les gens sont relax. " Tu parles, avec la montée de tension qu'ils ont eu il y a 50 ans, ils peuvent se détendre maintenant…" nous confie Marc notre driver-sonorisateur que je ne soupçonnais pas de finesses socio-historiques. Toujours est-il que pour un dimanche, Tom de RADIO BLAST a organisé une soirée intéressante,: nous, SHAKING NASTYS (très bon 77 je m'en foutiste) et DEAN DIRG (des locaux qui remplacent les DISTRACTION et la poudre, 80's hardcore).
Du coin de l'œil, je peux observer les deux Rafs se rendre compte en maugréant qu'il y a bien une dizaine de personnes dans la cabane qui sert de salle, qui ont une meilleure dégaine qu'eux. Généralement en France, on est salués et respectés pour nos goûts vestimentaires soignés, mais en Allemagne, il ne faut jamais se relâcher sous peine de passer pour un punk de la campagne avec de la boue sur les Doc martens. Soirée sympa, écourtée par la fatigue (on est dimanche bordel). Rdv est pris le lendemain pour visiter la boutique DIRTY FACES.

Hambourg 08/09/10 sept Scandia bar. + THE RUSH-UPS + Guest-star : Rickshaw

Pascal : " Don't worry, we' ll find a solution " nous a dit Timo l'organisateur

On a deux days-off avant le concert, et ne voulant pas gâcher nos maigres cachets (rarement plus de 150 euros par dates) en notes d'hôtels miteux, la solution a été effectivement trouvée. Un loft au dessus du bar où on joue mercredi. Un loft ok, mais dans lequel s'est déroulée la veille de notre arrivée une grande fête dont le thème était le catch ! De mémoire de punk aucun de nous n'avait jamais dormis dans un endroit aussi pourrave, genre toilettes immondes et moquette maculée de bière un peu partout
Bon, on s'en branle et on s'installe sur les tatamis offerts par la maison pour trois jours dans Sant-Pauli, le quartier trash de Hambourg. Putes en vitrines, junkies et bar rock ont égayés notre séjour dont le point culminant fut une gigantesque virée dans le quartier, aboutissant à l'éviction de Matthieu du rade dans lequel on jouait le lendemain ah ah ! Tricard dans la salle où il se produit, il décide ma foi que ça ne va pas se passer comme çà, et se rabat sur les putes qui lui ont dérobé sa carte bleue, avant de gentiment lui indiquer sur quel bout de trottoir il serait le plus à l'aise pour s'affaler. Une bonne soirée. Du reste j'ai pas gardé un grand souvenir du concert, Stéphane vous en dira plus…

Séphane : On est accueilli comme des merdes. Pendant deux jours, on fait le tour des endroits rock & roll et des magasins de disques. Pas une affiche, le concert est annoncé nulle part. L'organisateur s'en branle, vu qu'on est payé aux entrées. D'ailleurs, il ne viendra même pas à la soirée ! Avant le concert, je vais demander au taulier ce qu'on mange. Il me regarde d'un air ahuri, du style : " ah, les rockers, ça mange ? ". Bon, il a rajouté sans qu'on le sache, deux autres groupes, dont un groupe suédois qui a joué dans ce même bar, il y a une semaine. Les gars arrivent juste avant le concert, jouent une demi-heure sur notre matos et repartent chez eux avec la moitié du cachet. On joue à une heure du mat devant une dizaine de pelés, dont un qui connaît les paroles de nos morceaux par cœur !!Dès notre concert terminé, le taulier me prend la tête pour qu'on range notre matos le plus vite possible et que ça saute ! S'il était pas si costaud, j'y aurais pété la gueule…

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