LYON 25/10/2004 Ninkasi Kao (W/ Datsuns)

Ayant raté les Neurotic Swingers lors de leur dernière venue à Lyon, en mai dernier sur la scène du Blue Banana avec les Surfin’ Matadors (voir report), je les attendais de pied ferme ce soir d’octobre au Ninkasi Kao. Les Marseillais jouent en première partie des Datsuns, groupe néozélandais qui rencontrent un beau succès avec leur dernier album, mais mes goûts se rapprochant plus du punkn’roll des premiers, c’est surtout d’eux dont il sera question dans ce live report.

Il fallait être motivé pour faire la queue devant le Ninkasi ce lundi soir, la pluie est tombée toute la journée et ça continue. Journée de merde, heureusement qu’on peut faire s’échapper notre esprit dans les concerts de rock. A cause du temps et de mon manque d’organisation légendaire, j’arrive quelques minutes à peine avant le début du set des Neurotic swingers, alors qu’une interview avait été calée avec Stéphane Lollipop. Ce ne sera que partie remise pour la fin de soirée. Je rejoins Christophe, qui en profite pour me refiler quelques exemplaires du dernier ‘I hate people’ (à commander d’urgence si ce n’est pas déjà fait), ainsi que Paco, toujours dans les bons coups. La salle est bien remplie, plus de 400 personnes, idéale pour ce genre de concerts. Les lumières s’éteignent déjà : les Neurotic investissent la scène.

Longue intro à la gratte. Puis ça attaque par un instru surf-rock. Enfin je vois les Neurotic Swingers sur scène ! Comme d’habitude, les gars ont fait un effort sur la tenue, les coiffures, un peu de maquillage : un peu de tenue bordel. Bonne nouvelle : le son est excellent. C’est d’ailleurs un des (seuls) points forts du Ninkasi Kao. Car il faut bien avouer que cette salle, plutôt froide et impersonnelle n’est pas le meilleur endroit pour jouer du rockn’roll qui transpire sous les bras. Les premiers titres s’enchaînent avec facilité, le public est amorphe. Putain, ces gars là viennent de Marseille pour foutre le feu et le public est sans réaction, juste quelques applaudissements polis à la fin des morceaux. Mais il en faut plus pour décourager le quatuor phocéen. La quasi totalité des titres de leur mirifique album «Artrats» y passe pour notre plus grand plaisir : "Nightriders", "Go back home", "Straight", "Losing my soul", une version super efficace de "Girl in a broken car" et le mythique "Do you wanna shake ?" qui réveillera quelque peu le public. La plupart des gens semble être venue pour les Datsuns, on doit être à peine 4 ou 5 à chanter les refrains. Qu’on se le dise, la seule déception viendra du public, les Neurotic swingers faisant un set impeccable : les voix sont maîtrisées, les deux guitares se complètent sans se tirer la bourre et le charisme qui se dégage de chaque membre du groupe est palpable. Le public lyonnais en redemande (quand même) : les Neurotic reviennent nous jouer deux titres dont "Nineteen", imparable reprise des Dogs. La tempête est passée, place aux éclaircis.

Retour au bar pour se rafraîchir le gosier à grandes rasades de bière brassée sur place. Le public du soir ne se démarque pas par son uniformité, on trouve de tout : vieux hardos, jeune hardos, étudiants… la moyenne d’âge n’est pas très élevée, le revival rockn’roll a dans doute permis de rajeunir son auditoire ! C’est de cette place stratégique que j’assiste au set des Datsuns. Les quatre musiciens néo-zélandais ont sorti deux albums remarqués chez V2, qui sentent bon les années 70 et le guitar-hero. La prestation du soir sera placée sur les mêmes bases : coupes de hardos, gimmicks ledzepeliniens et solos interminables. Les Datsuns me donnent la même impression que sur disque : j’adhère bien pendant une demi-heure puis je me lasse : trop de solos, titres trop similaires, etc. Un peu comme la bière du Ninkasi : une bonne impression sur les 3 ou 4 premières et un écœurement ensuite ! Ce qui est sûr, c’est qu’ils dominent leur sujet, avec une grosse présence sur scène (un poil trop crâneuse diront certains) et une maîtrise des instruments évidente. Après un rappel sympathique, le public quitte vite le quartier de Gerland. On est lundi soir.

Je me rends compte que je n’ai pas pris une seule photo des Datsuns : tant pis ! Accompagné de Christophe, je retrouve les Neurotic swingers sur leur stand, où nous ferons vite l’acquisition de la version vinyle de «Sex objects», la dernière petite perle des Briefs sortie chez Lollipop. Une demi-heure plus tard, tout le monde se retrouve autour d’une bière dans les loges, où le groupe répondra volontiers à nos questions. Cette interview sera bientôt dispo sur le site. Il est près d’une heure et demi quand je laisse les Marseillais devant leur camion, direction un bon lit. J’en fais de même, en me disant d’avoir assisté à la meilleure première partie de l’année. Et si vous ne connaissez pas encore les gaziers, jetez vous sur leur discographie, ainsi que celle du label Lollipop, ou mieux, allez les voir sur scène, vous allez prendre votre claque ! François Tong, accompagné de Christophe et Paco. Un grand merci à Gilles du Ninkasi et bien sûr à Stéphane et les Neurotic ! Photos : François. NB : Christophe avait lui aussi préparé un petit live report. Vous pouvez découvrir sa vision des faits maintenant, et dans le prochain I Hate People bien sûr. (François Tous Tong)

THE DATSUNS + NEUROTIC SWINGERS

Et meeeerde! quel temps de.... Je dois être soit sacrément taré soit un pauvre type fini pour me taper une heure et demi de bagnole sous des conditions pareilles pour voir un set de punk'n'roll... 80 sur autoroute, putain, c'est pas possible... Et pourtant, c'est bien à cette allure d'escargot que j'ai rejoint le Kao, à temps pour les Neurotic, et heureusement d'ailleurs.

Looking for vibrations, wow baby roll my life, shake me, shake me, shake, i'm gonna crack...

Putain de public lyonnais, c'est bien la peine de se taper dix minutes de queue pour se rendre compte que quoi qu'il arrive, ces gens-là sont toujours autant apathiques quand on leur envoie de la bonne sauce en pleine face. Bandes de branleurs, brûlez donc votre collec' des inrocks et picolez de la bière chaude que ça vous ouvre un peu l'esprit... A peine une vingtaine de têtes qui bougent sur les set des Neurotic sur 400 entrées, qu'est-ce que tu veux dire de plus... Je force peut-être un peu le trait mais ça n'en est pas moins affligeant. Ca n'aura pourtant pas été de la faute des marseillais... la gniaque, on l'a ou on ne l'a pas, et la gniaque, ces mecs l'ont dans le sang depuis la naissance (pour cette intelligentsia rock lyonnaise, la question ne se pose même pas). 4 furieux qui ont déjà officié dans d'autres groupes aux noms plutôt évocateurs de Sugarfix ou Gasolheads (hé! Fils de bâtards, vous réssuscitez quand?). Des titres depuis le "Artrats" (dernier album en date des marseillais), en passant par le maxi What's your définition of underground, et les quelques inédits de leur compil' Dead Beat dernièrement sortie, c'est une claque, une plus où j'aurais perdu ma voix à chanter les refrains, et surtout une preuve, encore une autre, que le rock'n'roll est comme le sexe, c'est quand il est le plus simple qu'il est le meilleur, c'est quand il est le plus sauvage qu'il est le plus intense et par là-même libérateur de toutes sortes de pulsions... Pulsions qui s'expriment ici à grand coups de riffs dans une bonne ambiance fun (je parle que du groupe, là...), blah, blah, blah... une claque, quoi. Première fois que je voyais les neurotic, les premières fois sont toujours les meilleurs, ah, ah, ah!!!! Evidemment, ça ne dure pas forcément des plombes, avec des titres de 1 à 2 minutes, c'est un peu obligé... Ils reviendront avec un rappel à peine sussuré, vu que la grosse partie du public semble se branler des marseillais... Certains «rockers» lyonnais boycotteraient aussi le Kao, c'est bien dommage, ça mettrait un peu de couleurs dans tout ce parterre à mourir d'ennui...

Que les stars néo-zélandaises arrivent alors... on a traversé les océans pour vous... j'arrête d'écrire des conneries cinq minutes. Les Datsuns, donc. Une des nouvelles égéries de la Dreat Team du retour du rock pour étudiants en mal de sensations. Les pauvres, ils doivent salement se faire chier. Et sans doute qu'un nom comme les New Bomb Turks ne leur dit rien. Bref, les Datsuns, je suis pas venu pour eux, et j'ai bien fait. Oh, pas qu'on puisse leur reprocher grand-chose, un set avec beaucoup de hargne et d'énergie avec ce chanteur vrai showman, ce qui semble parfait... Sauf que pour la musique elle-même, rien qui ne me fasse bander comme les neurotic... trop heavy, trop de solos, trop de hurlements, finalement beaucoup de bruit pour pas grand chose. C'est bien fait, mais pas mon truc. Je ne retiendrais que la reprise des Misfits, le meilleur morceau du set. Le public lyonnais est ravi(et soudain bruyant, comme si le set des neutotic avait été de l'auto-mutilation nécessaire comme une rédemption avant le salut proposé par les Datsuns...), certains blairaux allant jusqu'à agiter un drapeau néo-zélandais devant la scène... Je suis pas venu avec un drapeau de l'OM disant Anigo démission pour les Neurotic, merde...

Du coup, on finira accoudé au bar avec Fanf' Tong en attendant désepéremment que le set se termine pour chopper les Neurotic en interview, en discutant de tout et de rien autour de demis dont la seule limite à la consommation sera l'illusoire espoir de conserver à jamais son permis(ça a été le cas ce soir encore!)... Le show des néo-zélandais, pourtant bon, se termine enfin dans des solos navrants de prévisibilité, ce à notre plus grande soulagement à fanf et moi, on laisse se vider la salle et avant de se faire jeter par les videurs du kao, des putains de professionnels blasés mon pote!, on monte dans les loges faire cette interview bientôt dispo sur le site de tous en tongs, se jeter quelque demis et participer à la tournée du prince ;D, grande bouteille de sky à l'appui. Et comme le dit Pascal, l'un des gratteux: Pas de bière chaude, le whisky chaud, on s'en fout, mais la bière chaude, non. Quoi dire de plus devant tant de vérité? Christophe